Salon d’automne 2025 – Il s’appelait Signal

Chrismali présente son livre d’artiste « Il s’appelait Signal » au Salon d’Automne 2025

Cette année, le thème mis à l’honneur est l’océan, sujet abordé dans le livre « Il s’appelait Signal ». Celui-ci conte l’histoire du Signal, bâtiment emblématique, détruit du fait de l’avancée inéluctable du trait de côte.

Le salon d’Automne

Le Salon d’Automne, rendez-vous incontournable de la scène artistique parisienne, réunit chaque année peintres, sculpteurs, graveurs, photographes et plasticiens du monde entier. Fondé en 1903, ce salon historique, né en réaction au conservatisme académique, reste fidèle à son esprit d’avant-garde et de liberté. L’édition 2025 met à l’honneur la diversité des expressions contemporaines, la recherche artistique et le dialogue entre les disciplines. Un moment privilégié de rencontre entre artistes, amateurs et collectionneurs, au cœur de Paris.

C’est la seconde participation de Chrismali au Salon d’Automne, elle présentait en 2024 un dyptique  » dans les bois cachés » //- section « Mythes et Singularités »

Le salon se tient Place de la Concorde du 28 octobre au 2 novembre.

Mardi 28 octobre sur invitation 11h à 21h – vernissage 17h

Mercredi 29 octobre à samedi 1er novembre – 11h à 20h

Dimanche 2 novembre – 11h à 18h.

Le livre d’artiste  » Il s’appelait Signal »

C’est un livre d’artiste consacré à la disparition du Signal,  bâtiment emblématique de la fin des années 60 anciennement situé sur la plage de Soulac sur Mer. Il a aujourd’hui disparu du fait de l’’érosion côtière.

J’ai un attachement particulier  à cette région tout comme une passion pour le livre d’artiste que je travaille depuis plus de 10 ans . Ce livre est l’aboutissement de 2 ans de créations et recherches sur un sujet qui m’anime toujours. 

Le propos

Ce livre d’artiste conte et illustre l’histoire du SIGNAL, bâtiment emblématique de l’érosion côtière sur la côte atlantique. Construit à la fin des années soixante, à 200 m du trait de côte, double barre de béton posée sur la plage tel un paquebot enraciné, il a aujourd’hui disparu. Son naufrage est imagé par des mises en situation multiples avant, pendant et après la tourmente et accompagné de textes et de poésies.

C’est la montée du trait de côte, qui a conduit à la destruction de cet immeuble en 2023. Aujourd’hui , il est sorti du paysage et des mémoires – rien ne rappelle sa présence passée.

Le livre composé de 12 pages libres, représentant chacune une scénette de 3 estampes toutes uniques met en image la fin de vie du SIGNAL en  jouant sur la montée des eaux, la puissance des éléments, l’impuissance de l’homme, l’inéluctable, le temps qui passe inexorablement…

Présentation du livre

IL s’agit d’un livre objet  de dimension A4 (30*22*4cm) présenté dans une boîte personnalisée et unique. Il est composé de 12 feuillets mobiles à consulter,  à poser,  à encadrer et un feuillet sous forme de texte qui conte l’histoire du Signal et la démarche artistique. Il trouvera aisément sa place dans une bibliothèque.

Les tirages des pages ont été réalisés dans un très beau papier proche du papier gravure – le papier Rives Tradition de 300 grammes. 

25 exemplaires ont été auto édités.

Trois versions sont disponibles. 

Le livre signé avec trois estampes originales format A4 , 5 exemplaires  numérotés de 1 à 5 pour un prix de 360 euros.

Le livre signé avec une estampe originale format A4, 5 exemplaires numérotés de 6 à 10 pour un prix de 180 euros.

Le livre signé et numéroté sans gravure originale, 15 exemplaires au prix de 79 euros.

Voici les 2 poèmes présentés dans le livre ainsi que des photos de l’ensemble.

SIGNAL

Tu te dressais hier, fier sur la plage.
Le premier d’une grande lignée, tu devais être.
Tu as fait ton temps.
Tu portes bien ton nom.
Tu vas bientôt disparaître.
L’océan a eu raison de toi.
La nature reprend ses droits.
Signal!
Tes ruines nous rappellent
Que le temps gagne toujours.
—————————————————————-             
DISPARITION
Signal, fenêtres sur l’océan,
Paquebot des sables,
Tu as aujourd’hui disparu.
Le béton a fait place au sable
De tes entrailles une dune est née.
Rien ne rappelle ta présence
Comme si tu n’avais jamais existé.

Erreurs du passé,
Existences niées,
Telle est la faculté de l’homme
D’occulter l’histoire 
De choisir sa mémoire.
                          

Chrismali 2022 et 2024

Je vous remercie pour vos retours, n’hésitez pas à me poser vos questions.

Monde dunaire – est le second livre présenté sur le salon

C’est un livre unique relié composé de gravures et materiaux ajoutés . Il parle du sable qui valse et s’efface …

Un grain de sable s’en est allé.
Appelé par l’océan
ailleurs, il s’est envolé
rejoindre les siens,
ces grains de sable migrants qui
ensemble, créent une nouvelle île.
Béton vorace. Ton appétit n’a pas de limite.
Péril pour les côtes.
Péril pour les berges.
Périls en déséquilibres
Inexorablement,
un grain de sable s’en est allé.

Chrismali

Signal – l’inéluctable disparition

Je vais vous conter l’histoire du « Signal », ce bâtiment, double barres de béton, emblématique d’une époque et de l’érosion côtière. Signal, ce paquebot posé sur la plage initialement à 200 mètres de la mer a aujourd’hui disparu.

Il était situé à la pointe du Médoc proche de l’estuaire de la Gironde à Soulac-Sur- Mer, une région, un lieu qui me tiennent à cœur..

Commençant par le projet artistique, cet article vous parlera également de son histoire et de celle  de sa région, la pointe du Médoc.

Signal – un batiment, un lieu, une histoire inspirante

A partir de gravures et techniques mixtes, j’ai réalisé des monotypes montrant le « Signal » face aux éléments; sable, mer et vent.

Le « Signal » atteste de ce que je ne sais nommer,  oscillant  entre de nombreux maux: Refus de mémoire, folie, inconscience collective, cupidité,  absence de plan prospectif à long terme de notre société et en corollaire des  politiques à court terme, à moins que ce ne soit une confiance totale en l’homme et les progrès qu’il a été capable d’engendrer et qu’il devrait être en mesure de réitérer. A chacun son interprétation.

Un  première série  d’estampes uniques a été faite à partir de la même plaque de cuivre avec la technique de la photogravure et travaillées ensuite différemment pour obtenir des atmosphères et situations particulières mettant en scène le « Signal « fièrement dressé sur la plage et côtoyant la mer avant et  pendant la tempête;  « orage annoncé »,  « l’emprise du temps »,  « disparition, apparition », « inéluctable », « Inconscience collective », « méduses, médusée…je m’amuse avec vous », « le temps gagne toujours ».

Certaines pièces jouent avec un collage de sérigraphies de méduses réalisées à Soulac avec Catherine Volk comme guide pour mes premières sérigraphies, d’autres comportent collage et gravure d’une autre plaque.

Neuf monotypes de la série  » Signal – orage annoncé » sont  présentés  à l’exposition du Cercle des Artistes de Paris – du 6 Mai au 29 Mai au Parc Floral de Paris.

D’autre séries verront  le jour – Signal tremblements, disparition – Grignotage du Signal – Signal, balcon abandonné sur la mer

La page gravures du site – chapitre Signal sera actualisé des différentes séries et créations.

Chrismali

Signal, vie et disparition

L’âge d’or

Il était une fois, une époque florissante, c’était l’après guerre, la croissance était au beau fixe.

Le futur était plein de promesses. Avec la 4èm semaine de congés payés en 1963, les vacances à la mer passent du rêve à la réalité pour nombreux, le tourisme de masse est en marche .

C’est dans ce contexte qu’est né le projet ambitieux pour l’époque d’installer sur la Côte aquitaine à la pointe du Médoc dans une petite ville d’environ  2000 habitants, Soulac-sur-Mer, un ensemble d’immeubles constitué de 14 bâtiments de 40 mètres de long et 4 étages à 200 mètres du trait de côte, la limite entre terre et mer.

Ce projet qui n’aurait pas du voir le jour compte-tenu de sa situation dans une zone à risque historiquement connue *- était sans nul doute voué à l’échec puisque le promoteur immobilier a fait fait faillite, seule la partie ( 2 bâtiments sur 14 ) déjà lancé du projet  du projet à été construite.

Le prospectus commercial de l’époque  ventait sa situation  » un balcon sur la mer », « merveilleusement sur la plage », « pour vos vieux jours ».

C’est ainsi qu’est né le Signal, il  porte bien son nom ! Il est le rappel de l’ambition et de la folie des hommes.  Il est un signal parmi tant d’autre de l’érosion côtière, de notre époque  » l’ anthropocène »,  de l’inéluctable de la terre et de l’univers.

La fin du Signal

Lors de la tempête Xynthia du 28/02/2010, le trait de côte s’est rapproché, il n’ était plus qu’à  10 mètres.  C’est le début de la fin pour le Signal. Entre 2010 et 2013 , la ville apporte du sable et tente de contrer l’avancement de la mer…

En janvier 2014,  après moultes tempêtes hivernales, la préfecture prend  un arrêté de péril et fait évacuer l’immeuble qui est  menacé par l’érosion côtière.

Principalement – immeubles de vacances, il semblerait que l’immeuble ait été vidé de ses habitants comme pour une évacuation forcée, sur un coup de semonce. Les habitants n’emportant rien, y laissant leurs affaires, leur traces de vie, leurs souvenirs. Pour retrouver une partie de l’ambiance du lieu , je vous propose le livre de Sophie Poirier  » le Signal ».

Après  une période de batailles juridiques pour déterminer les payeurs de la » « catastrophe »; indemnisation des propriétaires expulsés, frais de dépollution, de désamiantage et de destruction, puis au terme du temps nécessaire pour  faire exécuter les travaux préliminaires à la destruction, la fin du Signal est arrivé.

En février 2023, des bulldozers sont partis à l’attaque du Signal et à force de coups répétés,  par petits bouts, ils ont dépecé cette carcasse vide de béton violentée qui subsistait sur la plage.

Le re végétalisation de la zone devrait avoir lieu à l’automne 2023, la nature reprenant sa place face  au béton

La pointe du Médoc, une zone mouvante

La pointe du Médoc était une presqu’ile. Le site du phare de Cordouan était une ile. Soulac était situé sur l’estuaire. Des écrits anciens  attestent qu’en  580,  un cataclysme par effondrement du sol  à emporté dans la mer  villes et bourgades avoisinantes.

Dès le 7ième siècle, des dunes mouvantes recouvrent les terres du littoral et entrainent la désertification. 

Au 14 ième siècle, de violentes poussées de sable et la montée des  eaux obligent à des travaux d’exhaussement du sol de la basilique Notre Dame de la Fin des Terres de Soulac.

Au 16 ième siècle, les sables envahissent forêts et terres alentours.

Au 17 ième siècle, parallèlement à la désertification coté océan, sont décidés des travaux d’assèchement des marais girondins. Ce sont des ingénieurs hollandais qui viennent travailler sur la zone des marais et créent des polders.  Digues, fosses et chenaux  sont toujours en place aujourd’hui.

En 1741, face à l’invasion du sable, les habitants de Soulac-les-bains quittent leur ville et crée Soulac le Jeune .

Entre 1780 et 1810 , la Pointe de Grave recule de 1400 mètres

Vers 1830 la navigation devenant dangereuse dans l’estuaire, Le Verdon, petite ville de la pointe situé à 10 km au Nord, menaçant de devenir une île, des travaux  sont décidés; épis de bois et branchages.

En 1879, l’érosion est telle que le maire de Soulac, Charles Cellerier , alerte sur les dangers de la montée de la mer pour contrer l’ensablement inévitable . Le but est de  sauver Soulac, les terres arables des plaines du Bas-Médoc  et de  permettre la continuation de la navigation sur la Gironde  jusqu’à Bordeaux.

 Depuis cette période, la Pointe du Médoc a été le siège de nombreux travaux pour contrer la montée des eaux et les tempêtes . De nombreux ouvrages ont été mis en place; digues, épis, jetées, brise-mer,  casiers avec enrochement, revêtements divers.

Force est de constater, « Signal » à l’appui, l’impuissance des hommes face aux éléments.

Pour en savoir plus sur le sujet de la montée des eaux et de  l’érosion des côtes – un livre mêlant sciences et  humour  » Hé la mer monte- Chronique d’une vague annoncée » – de Eric Chaumillon , Mathieu Duméry et Guillaume Bouzard.

Une partie des informations sur Soulac et l’érosion marine vienne du livre « Erosion marine » – de Jean-Paul Lescorce – Il a également écrit plusieurs ouvrages sur la vie soulacaise et la forteresse des Arros.